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L'aventure SOGGY d'un point de vue technique c'est avant tout l'ambition de se doter dès le départ de tout le matériel permettant une prestation scénique de qualité. C'est au Salon de la Musique dont se devait être la deuxième édition que l'équipe se rend pour faire un choix sur le futur équipement en matière de sonorisation. Le passage sur le stand de l'importateur PEAVEY sera décisif. On retiendra au passage une impressionnante démonstration des caissons de de basse double 38 cm FH3 avec la musique de The Wall de Pink Floyd. Le chanteur en fin connaisseur ira même jusqu'à mettre sa tête dans le baffle exponentiel alors que tout le monde s'est retranché au fond du stand. La sentence tombe avec une formule dont le Beb avait le secret : "ça fait trembler le slip !". Le choix est fait !

A défaut des FH3 hors budget les enceintes seront des baffles mixtes SP1 et des caissons de basses FH1. Des boitiers de tweeters piézzos complètent la bande passante vers le haut. Plus tard le médium sera étoffé par des baffles équipés de 31 cm. Ce qui aura pour effet de soulager les compressions trop sollicitées.

Au départ un ampli CS 800 se charge de booster l'ensemble sous 4 Ohms. C'est rapidement une hécatombe de filtres passifs franchement sous dimensionnés et qui entraine la perte d'un certain nombre de moteurs de compression. Heureusement tout cela est sous garantie avec l'aimable concours de Gérard DURANDET qui tient à l'époque le magasin MUSIC FORUM et à qui tout le matériel a été achété.

La solution est trouvée sous la forme de l'achat d'un filtre actif 3 voies et du renforcement de la section amplification par deux amplis QSC. Ceci donnera au final un fly case d'amplis que seuls les membres "sains et vigoureux" de l'équipe arriveront à charger dans le camion.

L'importateur commercialise des tables mixage LEM. La particularité de celles ci est le choix d'une connectique en jack 6.35 stéréo. Pour l'époque cela pemet une liaison symétrique en évitant le surcout d'une conectique XLR. C'est aussi une des rares tables de cette gamme à être équipée d'un câble multipaire de 25 mètres avec boitier de scène. Le choix se portera sur une 18/4/2 d'une valeur de 13 800 Francs. Lorsqu'il s'agira de faire l'acquisition d'une console de retour c'est à nouveau une LEM qui sera choisie mais cette fois une 16/2/2 amplifiée.

A une époque ou PEAVEY est une marque relativement inconnue en France (alors qu'aux USA des groupes de rock comme Lynyrd Skynyrd l'ont déja largement adoptée) le choix est audacieux voir novateur. En 1979 le rémois qui se veut "ingénieur du son" ne jure que part JBL mais doit se contenter de POWER par faute de moyen. SOGGY a choisi la voie médiane d'un ensemble cohérent pouvant produire du gros son avec un niveau de qualité respectable.

Et il en fallait de la puissance pour équilibrer une scène ou d'un coté un trois corps Marshall délivrait 110 décibels dans l'axe et de l'autre coté un double expo 38 cm Sunn balançait une basse omniprésente. Quoiqu'il en soit et en fonction des spécificités de chaque salle retrouver le son de SOGGY fut toujours une formidable aventure. Même ce jour à Dijon quand la panne d'un de nos deux véhicules (un Ford Transit si ma mémoire est bonne) a fait que la sono est arrivée 10 minutes avant le début du concert. On prend un sacré coup d'adrénaline, on installe à l'arrache et la balance se fait pendant le premier morceau.